Le Grenier de Farfalle

De fils en aiguilles, de petites croix en boutis... des bouts de tissus, des travaux de bonne femme. Un héritage de grands mères provençales à partager. Provençale jusqu'au bout du coeur, amoureuse de la photo, je couds, je brode, j'assemble.

15 juin 2008

44 - La Fête des Papas

1986___03_Guy_Patrick_29_maiJ'ai repris in extenso l'article que j'ai posté vendredi 13 juin dernier dans mon Carnet d'humeurs qui était fait pour le jour de son anniversaire.
Aujourd'hui c'est la fête des Papas et je ne peux pas ne pas penser à lui... alors je mets ici cette lettre dans laquelle j'ai écrit tout ce que j'aurai aimé pouvoir lui dire aujourd'hui....

"Mon Petit Papa Chéri,

Je ne sais pas ce que tu fais en ce moment, je ne sais même pas où tu es en ce moment. Où plus exactement si, je sais que tu es en moi, dans mon coeur. Mais aujourd'hui, Vendredi 13 juin, je voudrai te dire plein de choses et je ne sais pas par où commencer.

Je voudrai tant pouvoir te dire tout ce que je vais tenter d'écrire.

Te dire, assis à la terrasse du "Trotteur" que le soleil brille et que j'irai bien volontiers aux Saintes Maries de la Mer ce soir écouter les gitans gratter leurs guitares devant un coktail acidulé au goût de pamplemousse et d'oranges sanguines. Puis partir regarder le soleil qui se couche sur la Camargue et qui teinte le ciel d'un rose indescriptible, promesse de beau temps.

Te dire, qu'il est grand temps de faire un peu de rangement dans ton "cagibi" parce que sinon un de ces quatre tu ne pourras plus rien retrouver là-bas dedans. Ni tes livres si précieux, ni tes poèmes magnifiques, ni la bouteille de champagne que nous pourrions ouvrir ce soir.

Te dire, pendant que tu conduis ta volvo sur les routes de notre chère Provence, que le tournoi de bridge auquel je viens d'assister m'a une fois de plus conforté dans mon idée que tu es le meilleur de tous les joueurs que je connaisse, le plus gentil et le plus poli de tous. Jamais un mot plus haut que l'autre pour ton ou ta partenaire même si il ou elle commet la plus grosse des bêtises.

Te dire, que ton élégance naturelle, ton savoir vivre et ton savoir parler m'épatent tous les jours. Que dans n'importe quelle situation, face à n'importe qui, tu te sens à l'aise et tu nous mets à l'aise. Tu as comme un don pour parler, pour expliquer, pour rendre simple les choses et les situations même les plus compliquées.

Te dire qu'il est grand temps pour nous d'aller ramasser ces foutus petits limaçons qui grimpent le long des fenouils et qu'il est aussi le moment pour nous de préparer la braisse pour les grillades de ce soir, sous la tonnelle de La Couronne. La pêche a été bonne et nous allons avoir du travail si nous voulons les préparer pour la horde qui va bientôt débarquer.

Te dire que ton sourire est le plus beau sourire du monde. Ta voix la plus douce à mes oreilles. Tes bisous les plus tendres sur mes joues. Ton regard le plus paternel sur mes errances et mes erreurs. Tes mains les plus fortes pour me retenir quand je bascule.

Te dire que chaque minute loin de toi me semble une éternité et pourtant... voilà bientôt 18 ans que j'ai envie de te dire tout ça.

Te dire, Mon Papa, qu'en ce jour où tu pourrais fêter tes 78 ans, tu me manques énormèment. Te dire que maintenant je peux parler de toi sans voir mes larmes coulées (c'est presque vrai) mais toujours avec au fond de ma gorge une méchante angoisse qui m'étreint. Te dire que tu es toujours là, près de moi, j'ai envie de dire "assis sur mon épaule", tu m'accompagnes chaque jour dans ce que j'ai à faire, dans les lieux que je visite, avec les gens que je rencontre, jamais tu ne me quittes.

Te dire "je t'aime" tout simplement."

Petit truc en plus :
Cet article n'est pas triste, loin de là. Je veux juste me souvenir de mes souvenirs (trés trés nombreux) avec lui. C'est tout.

Posté par karamailhe à 07:20 - Un peu de moi - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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